Dette du Sénégal : l’accord avec le FMI ouvre la voie à une restructuration

Rédaction Courant

President du Snegal 2026 FMI
Le Sénégal sort progressivement de l’étau financier, mais il n’a pas encore retrouvé une pleine liberté de mouvement. Mardi 1er septembre, le Fonds monétaire international et le gouvernement sénégalais ont annoncé, chacun de leur côté, un accord ouvrant la voie à un nouveau programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Dans le même temps, le ministère des Finances a confirmé l’engagement de Dakar dans une restructuration de sa dette extérieure.
La formulation appelle toutefois une nuance importante : l’accord de principe doit encore être soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI. Il ne constitue donc pas, à ce stade, l’aboutissement définitif du programme. Le Fonds attend de Dakar des mesures correctives pour renforcer la transparence des comptes. La coordination entre les ministères de l’Économie et des Finances et la création d’une direction de la dette ont déjà été présentées comme des avancées par l’économiste Abdoulaye Ndiaye, cité par Le Figaro.
L’urgence vient de la découverte, fin 2024, d’emprunts qui n’avaient pas été intégrés aux chiffres communiqués. Selon les dernières données officielles mentionnées dans le journal, la dette publique atteignait alors 132 % du produit intérieur brut. Après des coupes budgétaires, des hausses d’impôts et un réajustement du PIB, Moody’s estimait encore que le poids de la dette restait équivalent à 100 % du PIB. Les intérêts absorbent près d’un quart des recettes publiques, tandis que l’agence a abaissé la note du pays dans la catégorie spéculative.
Cette situation a fermé l’accès aux marchés internationaux et interrompu les financements du FMI accordés en 2023, pour environ 1,5 milliard de dollars. Depuis, Dakar s’est davantage tourné vers l’émission de dette en francs CFA dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le recours à ce marché local permet de continuer à se financer, mais à un coût plus élevé et avec des échéances plus courtes, selon l’analyse rapportée par le quotidien.
Le nouveau cadre doit donc desserrer l’étau, sans effacer les arbitrages à venir. Le Sénégal a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, portée par le démarrage de l’exploitation pétrolière. Le journal rapporte toutefois qu’elle pourrait passer sous 3 % cette année, notamment avec la stabilisation de la production d’or noir. Les dépenses consacrées aux subventions énergétiques sont estimées à 3 % du PIB en 2026 et devraient figurer parmi les sujets sensibles des discussions avec le FMI.
Le périmètre annoncé de la restructuration exclut la dette domestique émise dans l’UEMOA. Cette précaution vise à éviter une déstabilisation du secteur bancaire, scénario évoqué à propos du Ghana. Elle ne règle pas pour autant la question des créanciers extérieurs. La Chine représente 43,7 % de la dette bilatérale sénégalaise, devant la France, et les détenteurs privés portent environ 20 % de la dette extérieure. Les modalités restent donc à négocier : allongement des échéances, baisse des taux ou, selon le journal, pertes pour certains créanciers.
Pour Dakar, l’accord avec le FMI pourrait aussi débloquer des financements d’autres bailleurs, notamment la Banque mondiale. Pour les pays voisins, dont la Mauritanie, l’épisode fournit un signal concret : la transparence statistique, la structure des créanciers et le choix du périmètre d’une restructuration peuvent déterminer l’espace budgétaire disponible. Mais la durée de la procédure demeure incertaine. Le Figaro rappelle que celle de la Zambie a atteint trois ans et demi, dans un contexte marqué par des négociations avec la Chine. Au Sénégal, le processus ne fait que commencer et l’approbation finale du FMI reste attendue.
À retenir
• L’accord annoncé avec le FMI porte sur environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans, mais son approbation finale reste nécessaire.
• La dette publique sénégalaise avait atteint 132 % du PIB fin 2024 après la révélation d’emprunts dissimulés.
• La restructuration annoncée vise la dette extérieure et exclut la dette domestique émise dans l’UEMOA.
• La Chine représente 43,7 % de la dette bilatérale du Sénégal ; les créanciers privés détiennent environ 20 % de sa dette extérieure.
• Les modalités et le calendrier de la restructuration restent à négocier.

Principales Localisations du Projet

Articles Connexes

Most Read

Lancement du Nouveau Projet de Ville Intelligente à Nouakchott