Un enfant de sept ans victime d’agressions sexuelles répétées dans une école coranique à Mederdra: sa famille réclame justice

Mohamedene Abdy

enfants recitants le coran dans une école coranique en Mauritanie

La famille de l’enfant S.B.M.M., âgé de moins de sept ans, affirme que celui-ci a été victime d’agressions sexuelles répétées au sein d’une école coranique traditionnelle privée dans la ville de Mederdra, dans la wilaya du Trarza. Selon elle, les conséquences de ce qu’il aurait subi se sont répercutées sur son état psychologique, au point qu’il serait désormais effrayé à la vue des hommes, y compris de son propre père.

Le début de l’histoire

Selon le récit de la mère de l’enfant, la famille s’est rendue à Mederdra à la fin du mois de juin dernier, où l’enfant a commencé à apprendre le Coran dans une école coranique traditionnelle dirigée par une femme appelée Bicha, avec son mari, prénommé Mohamed Ali.

À la mi-juillet, la mère est retournée à Nouakchott pour poursuivre son traitement médical, avant de revenir plus tard à Mederdra. À son retour, son fils lui aurait raconté qu’il était victime quotidiennement d’agressions sexuelles depuis son départ, sous la menace de plusieurs enfants plus âgés que lui fréquentant l’école coranique.

La mère affirme que son fils lui a également indiqué avoir informé à plusieurs reprises la responsable de l’école coranique de ce qu’il subissait, sans que celle-ci, selon son récit, ne prenne de mesures pour mettre fin aux agressions. Elle l’aurait même parfois accusé d’être à l’origine de ce qui lui arrivait.

Peur des hommes et troubles du sommeil

La mère de l’enfant ajoute que, depuis les faits, celui-ci se trouve dans un état psychologique difficile. Il serait devenu anxieux et pris de peur dès qu’il voit un homme, même lorsqu’il s’agit de son propre père. Il souffrirait également de troubles du sommeil et verrait en rêve les personnes dont il affirme avoir subi les agressions.

La mère indique que des évaluations réalisées par un psychiatre à l’Hôpital des spécialités de Nouakchott (voir pièces jointes) ont montré que l’enfant souffre d’un traumatisme psychologique complexe lié à ce qu’il aurait subi.

Une plainte à Mederdra, puis une démarche à Rosso

Après avoir pris connaissance des déclarations de son fils, la mère a déposé une plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Mederdra. Elle affirme avoir été surprise, selon son récit, lorsque les gendarmes lui auraient demandé de retirer sa plainte et de parvenir à un règlement à l’amiable avec les familles des personnes soupçonnées.

Elle ajoute que le père de l’enfant aurait fait l’objet d’une tentative de tromperie visant à lui faire signer un procès-verbal de retrait de plainte, avant qu’il ne découvre ce qui était réellement en cause.

Selon le récit de la mère, la famille a refusé de mettre fin à l’affaire par un règlement à l’amiable et a décidé de se rendre à Rosso, où elle a déposé une nouvelle plainte auprès de la gendarmerie.

La famille s’est ensuite rendue à Rosso, où elle a déposé une nouvelle plainte auprès de la gendarmerie. Le dossier a été transmis au procureur de la République.

La mère affirme que le parquet lui aurait, dans un premier temps, demandé d’envisager un règlement à l’amiable, au motif qu’il était difficile de réunir les moyens de preuve nécessaires dans ce type d’affaires à Rosso. Elle dit avoir refusé et insisté pour poursuivre la procédure judiciaire.

De la plainte au juge d’instruction

Le dossier a été transmis au procureur de la République à Rosso. La mère affirme que le parquet lui aurait initialement demandé de recourir à un règlement à l’amiable, en avançant que les moyens de preuve dans ce type d’affaires ne sont pas facilement disponibles dans la ville.

Mais la mère a insisté pour poursuivre la procédure, demandant qu’une enquête soit menée sur ce que son fils aurait subi. L’affaire a ensuite été transmise au juge d’instruction, qui a demandé à la famille de faire effectuer des examens médicaux à l’enfant à Nouakchott.

Un rapport médical faisant état de traces compatibles avec les agressions

La famille s’est rendue à l’Hôpital national de Nouakchott, qui l’a orientée vers l’Hôpital mère-enfant, où l’enfant a subi un examen médical spécialisé.

Selon la famille, le rapport médical établi à l’issue de cet examen a fait état de traces compatibles avec le fait que l’enfant aurait été victime d’agressions sexuelles (voir pièces jointes).

La famille est ensuite retournée à Rosso avec le rapport médical afin de poursuivre les démarches judiciaires.

Quatre suspects convoqués

Après le retour de la famille avec le rapport médical, quatre personnes soupçonnées ont été convoquées, toutes étant mineures, selon le récit de la mère.

La famille affirme que ces derniers figuraient parmi les plus jeunes enfants qui étudiaient dans l’école coranique. Toutefois, le récit de l’enfant, rapporté par sa mère, fait état d’enfants plus âgés, que la famille soupçonne principalement d’être impliqués.

La famille souligne que l’affaire se trouve toujours au stade de l’enquête et qu’elle demande que toutes les circonstances soient établies et que les responsabilités soient déterminées sur la base des résultats de l’enquête et des éléments de preuve disponibles.

La mère : « J’ai subi des pressions pour accepter un règlement à l’amiable »

La mère de l’enfant affirme avoir subi des pressions afin de mettre fin à l’affaire par un règlement à l’amiable, indiquant que le maire de Mederdra lui aurait parlé dans ce sens.

Selon son récit, le maire de Mederdra, qui se serait personnellement déplacé à Rosso, lui aurait demandé de recourir à un règlement à l’amiable, en avançant que son fils « est encore vivant et n’a pas été tué, et que des personnes voient leurs enfants mourir puis se réconcilient », s’interrogeant, toujours selon son récit, sur la raison pour laquelle elle refusait un règlement à l’amiable dans une affaire d’agression sexuelle.

La mère de l’enfant affirme également que la femme qui dirige l’école coranique, et qui a été convoquée pour témoigner devant le juge d’instruction, lui aurait demandé de retirer sa plainte. Elle lui aurait également dit que son fils ne retrouverait pas son état normal, avant de lui demander de retirer sa plainte et de privilégier un règlement à l’amiable.

« Je veux que mon fils retrouve sa santé et qu’il dorme sans avoir peur »

La mère affirme qu’elle ne cherche pas à se venger, mais qu’elle réclame justice pour son fils et souhaite l’aider à surmonter les conséquences de ce qu’il aurait subi afin qu’il puisse retrouver une vie normale.

Elle déclare :

« Je veux seulement que mon fils retrouve sa vie et sa santé, qu’il puisse dormir sans avoir peur, qu’il ne voie plus en rêve ceux dont il dit qu’ils l’ont agressé et qu’il puisse vivre comme les autres enfants. »

La famille conserve des rapports médicaux et psychologiques concernant l’état de l’enfant, qui, selon elle, documentent les conséquences physiques et psychologiques laissées par les faits.

Elle affirme également son intention de poursuivre la procédure judiciaire afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’affaire et que les responsabilités soient établies conformément à la loi.

 

 

Exclusif www.courant.info

Principales Localisations du Projet

Articles Connexes

Most Read

Lancement du Nouveau Projet de Ville Intelligente à Nouakchott