BAD : la Mauritanie aurait besoin de 8,6 milliards de dollars par an pour atteindre les ODD

Mohamedene Abdy

Sidi Ould Tah BAD Mauritanie

La Banque africaine de développement (BAD) estime à 8,6 milliards de dollars par an les besoins de financement de la Mauritanie pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, soit l’équivalent de 81,3 % du produit intérieur brut (PIB) enregistré en 2024.

Dans son « Rapport Mauritanie 2026 », la banque indique que les besoins du pays pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine sont estimés à 1,5 milliard de dollars par an, soit 14,2 % du PIB de 2024.

Le rapport appelle la Mauritanie à accélérer les réformes visant à élargir l’assiette fiscale et à améliorer l’efficacité des dépenses publiques, tout en renforçant les partenariats public-privé afin de mobiliser des ressources supplémentaires pour financer les projets structurants.

Il recommande également d’accélérer l’opérationnalisation de la Bourse de Nouakchott, afin de permettre aux entreprises d’accéder à des ressources financières à long terme.

La BAD souligne que la Mauritanie a engagé des réformes réglementaires et institutionnelles visant à mettre en place un système financier moderne, plus résilient et mieux intégré. Ces réformes portent notamment sur le renforcement de la supervision bancaire et financière, la modernisation du système national de paiement, la restructuration du marché des changes, ainsi que le renforcement de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Sur le plan économique, le rapport indique que la croissance économique mauritanienne a ralenti à 4 % en 2025, contre 6,3 % en 2024, en raison de la contraction du secteur extractif, malgré les bonnes performances des secteurs non extractifs.

La banque prévoit une accélération de la croissance à 4,4 % en 2026 et 4,7 % en 2027, portée notamment par l’entrée en production du gaz, ainsi que par les performances attendues de l’agriculture, de la pêche, de la construction, des travaux publics et des services.

Le rapport met toutefois en garde contre plusieurs risques susceptibles d’affecter ces perspectives, notamment tout retard dans l’exploitation du gaz du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), ainsi que les tensions géopolitiques mondiales, en particulier la guerre au Moyen-Orient, qui pourraient entraîner une volatilité des prix du minerai de fer, de l’énergie et des produits alimentaires, ainsi que des pressions inflationnistes et budgétaires.

La banque considère également le recul de l’aide publique au développement, l’aggravation des effets du changement climatique et la détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel comme des facteurs structurels défavorables à l’économie mauritanienne.

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