Depuis le 15 septembre 2026, l’Arabie saoudite affirme que les rebelles houthis du Yémen ont visé la ville de La Mecque avec un drone. Les Houthis démentent.
Le 16 septembre 2026, la coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé avoir intercepté et détruit, la veille, un drone qu’elle attribue aux Houthis, au sud de La Mecque, avant qu’il n’entre dans l’espace aérien réglementé de la ville. Le porte-parole de la coalition, Turki al-Malki, a déclaré que la sécurité des deux mosquées saintes et des pèlerins constitue « une ligne rouge », et a indiqué que la coalition prendrait des mesures en réponse.
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a qualifié cette action d’« attaque terroriste » dans un communiqué. Cette annonce intervient après une reprise du conflit entre l’Arabie saoudite et les Houthis depuis juillet 2026, marquée par la prise par les Houthis du port de Mokha sur la mer Rouge début septembre, et par plusieurs semaines de frappes réciproques.
Le mouvement houthi dément avoir visé La Mecque. Selon une source militaire houthie citée par l’agence Saba, qui dépend du mouvement, les opérations menées visaient des installations pétrolières et des sites militaires saoudiens, situés selon cette source à distance de la ville sainte.
À ce jour, aucune source indépendante des deux parties au conflit — organisation internationale, image satellite vérifiée par un tiers, ou témoignage extérieur — n’a confirmé la trajectoire ou la cible exacte du drone concerné. L’information disponible repose sur deux versions contradictoires, chacune émanant d’une partie directement impliquée dans le conflit.
L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a publié un communiqué condamnant ce qu’elle a qualifié d’attaques contre La Mecque et la région de Médine, en reprenant l’attribution formulée par l’Arabie saoudite. L’ambassade des États-Unis à Ryad a restreint les déplacements de son personnel à moins de 32 km de la frontière yéménite, invoquant les risques sécuritaires liés à l’escalade en cours.
Rappel historique : le siège de la Grande Mosquée en 1979
Le 20 novembre 1979, la Grande Mosquée de La Mecque a été occupée par un groupe armé dirigé par Juhayman al-Otaybi, ancien membre de la Garde nationale saoudienne. Le groupe était composé de ressortissants saoudiens, égyptiens, yéménites et d’autres nationalités. Il ne s’agissait pas d’une action venue de l’extérieur du royaume : les assaillants contestaient la légitimité de la monarchie saoudienne de l’intérieur.
Le siège a duré du 20 novembre au 4 décembre 1979. Les forces saoudiennes, avec l’appui de conseillers français, ont repris le contrôle du site. Juhayman al-Otaybi et 62 autres personnes ont été exécutés par décapitation le 9 janvier 1980 dans plusieurs villes du royaume.
Durant les premiers jours du siège, les autorités saoudiennes ont limité la diffusion d’informations sur l’identité des assaillants. Cette absence d’information a permis la circulation, dans plusieurs pays, d’un récit attribuant l’attaque à des puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël. Ce récit erroné a contribué à des incidents dans certaines capitales, dont l’incendie de l’ambassade américaine à Islamabad le 21 novembre 1979. La communication officielle sur l’origine saoudienne interne du groupe a ensuite corrigé cette version dans la couverture médiatique de l’époque.
Les deux épisodes, 1979 et 2026, restent de nature différente. Le point commun se situe dans la manière dont l’absence d’information vérifiée par une source tierce a, dans les deux cas, laissé place à des récits concurrents portés par des parties engagées dans les événements.

October 9, 2026

September 29, 2026
